Les rêves de Pía Elizondo

Pía Elizondo © Box Galerie

Pía Elizondo © Box Galerie

Ce sont des images rêvées, fugaces, troubles et obsédantes que montre la Box Galerie en ce début d’année. « Je voulais depuis longtemps essayer de parler du rêve. Peut-être parce que j’ai une difficulté fondamentale à parler, à raconter mes rêves. La narration de ma vie nocturne m’a toujours échappé. Je ne réussis à conserver de mes rêves que quelques bribes, images en effet disparates qui se montrent sans ordre ni fil. C’est toujours une narration parsemée de trous noirs, de perte de mémoire. C’est un songe d’oubli » raconte la photographe mexicaine Pía Elizondo. Comment narrer l’inénarrable ? Comment substituer des images extraites du quotidien à ces images mentales qui peuplent les rêves ? Il n’existe ni formule ni recette pour cette improbable transcription de ce qui n’existe que dans une autre conscience. Pour dire l’indicible, l’artiste n’a d’autre choix que celui de se fier à son œil intérieur, cet instinct qui lui dictera où, quand et vers quoi déclencher. Et de troquer les appareils conventionnels pour le Smartphone. La photographie comme un état second, comme une fugitive hallucination, mais nourrie d’une culture qui trouve l’essentiel de ses sources dans le réalisme magique, cette version latino-américaine – si ce n’est essentiellement mexicaine – du surréalisme. Rien d’étonnant à ces références, Pía étant la fille de l’écrivain Salvador Elizondo, et à ce titre très tôt confrontée aux avant-gardes artistiques et littéraires. Jeune fille, dans la maison familiale, elle croise Juan Rulfo, Octavio Paz, Carlos Fuentes. Des fréquentations qui ne peuvent que marquer un destin.

> Jusqu’au 25 mars à la Box Galerie, 102 chaussée de Vleurgat à 1050 Bruxelles.