Who is who

desmet992014t84145Tombé dans l’art quand il était petit, Tobias Desmet est un passionné. A l’âge de neuf ans, son parrain l’emmène en Egypte – un voyage qui le marque de façon profonde et définitive. Quelques années plus tard, il décide d’étudier l’égyptologie à l’Université de Leuven : « Je savais pertinemment que c’étaient des études qui ne déboucheraient sur rien de concret, à part travailler dans un musée, mais ça ne faisait pas partie de mes préoccupations. J’avais envie d’étudier ce qui me tenait à cœur » raconte-t-il. Né dans le milieu des antiquaires, Tobias baigne dès l’enfance parmi les marchands et les collectionneurs, entouré d’objets rares. Son père, Tom Desmet, l’encourage cependant à démarrer sa carrière ailleurs que dans l’affaire familiale, pour découvrir le monde et apprendre des autres antiquaires. C’est ainsi qu’un stage se transforme en première expérience professionnelle à New York puis à Londres, avant de revenir à Bruxelles voici quatre ans. « Je me suis spécialisé dans la sculpture » explique Tobias. « A présent je travaille avec mon père dans ce marché de niche, de la sculpture antique au néoclassicisme en passant par la Renaissance, le baroque et le maniérisme. Une période de trois mille ans qui possède une certaine continuité dans les thèmes et les préoccupations des artistes. » Fondée voici 22 ans au Sablon, rue Ernest Allard, la Galerie Desmet occupe depuis le printemps dernier un splendide hôtel de maître rue des Minimes. « La Belgique possède une grande tradition de collectionneurs et Bruxelles permet de trouver de beaux espaces à des prix abordables. J’adore cette ville, centrale et très pratique pour les clients comme pour les antiquaires. Il manque encore une certaine internationalisation comme à Londres ou à New York, mais nous avons d’autres atouts, comme la proximité avec Maastricht. » Tobias Desmet ne participe pas à la TEFAF mais note la présence de collectionneurs étrangers qui, chaque année, passent par Bruxelles durant la foire. « Dans ce métier, il faut tout le temps être actif et bouger pour dénicher les pièces et aller à la rencontre des clients. Il ne faut pas se contenter de tenir la galerie, il faut rayonner et participer à de nombreux événements. » La Galerie Desmet est ainsi présente sur la BRAFA, mais aussi sur les foires de Madrid ou de Londres. « Internet permet d’avoir une fenêtre ouverte en permanence sur le monde pour dénicher les raretés, même s’il est vrai qu’on retrouve les mêmes personnes à Paris, Milan ou New York » déclaret-il. Si la crise a eu des conséquences sur le marché de l’art, Desmet estime qu’elle a aussi permis de purifier le marché : « Il y a sans doute moins de clients qu’auparavant mais la qualité de ce qui se vend a augmenté depuis dix ans. Les pièces exceptionnelles battent des records et les meilleurs antiquaires ont pu conserver leur positionnement. »