Bury à Bozar

BURY

Pol Bury © Foto Jean-François De Witte, Bruxelles

Alors que l’exposition Picasso vient de fermer ses portes, frôlant les 100.000 visiteurs, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles propose de se plonger dans l’œuvre d’un autre géant de l’art du 20e siècle, belge cette fois. Pol Bury (1922-2005) fait partie de ces figures artistiques à avoir traversé le siècle en le marquant durablement, côtoyant surréalistes et abstraits avant de se singulariser en développant, dès la fin des années 1950, des sculptures en mouvement qui ne ressemblent alors à rien de connu. Ces objets motorisés d’un genre nouveau feront de lui l’un des pionniers de l’art cinétique et l’un des artistes belges les plus actifs de sa génération sur la scène internationale, avant que son œuvre sombre quelque peu dans l’oubli. Surtout connu du grand public pour ses fontaines et sculptures dans l’espace public, Pol Bury fut aussi peintre, écrivain, graphiste et créateur de bijoux – autant de facettes à redécouvrir. Ses débuts suivent les tendances de son époque – une veine surréaliste jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avant d’exposer aux côtés de la Jeune Peinture Belge et de Cobra. En 1953, c’est le coup de foudre pour la sculpture contemporaine, en particulier les œuvres d’Alexandre Calder qu’il découvre à la Galerie Maeght à Paris. Cette révélation débouche sur ses premières œuvres cinétiques. En 1959, Pol Bury trouve définitivement sa voie avec l’exposition de ses Ponctuations, reliefs animés de mouvements très lents qui ne se rattachent à aucun courant contemporain. Les années 1960 sonnent la consécration en Europe comme aux Etats-Unis, et Bury expose notamment à la Biennale de Venise en 1964. Retraçant de façon chronologique l’ensemble d’un parcours aussi long que riche, le Palais des Beaux-Arts présente 120 œuvres, dont 65 installations motorisées, accompagnées d’une sélection d’archives et de travaux graphiques qui complètent la vision de l’artiste. Une fontaine en mouvement sert de bouquet final à un cheminement qui dévoile à quel point l’œuvre de Bury demeure actuelle. Mais le plus fascinant est le mouvement des œuvres, qui ne se livre qu’au visiteur attentif et patient. Est-ce une illusion d’optique ? Est-ce que ça bouge vraiment ? Le doute s’insinue de l’œil à l’esprit, hypnotisant les sens et la tête.

> Jusqu’au 4 juin au Palais des Beaux-Arts, 23 rue Ravenstein à 1000 Bruxelles.